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Agents SSIAP 1, 2 et 3 : ce que votre établissement doit prévoir

SSIAP 1, 2 et 3 : rôles, obligations et effectifs à prévoir dans un établissement recevant du public.

8 min de lecture

Introduction

La sécurité incendie d’un établissement recevant du public ne se résume ni aux extincteurs, ni à l’affichage des consignes. Elle repose sur des personnes formées, présentes, et titulaires du bon niveau de qualification.

Cette dernière condition est celle qui pose le plus de difficultés. Trois niveaux existent — SSIAP 1, 2 et 3 — et ils ne sont pas interchangeables. Affecter un agent SSIAP 1 à un poste qui exige un chef d’équipe ne constitue pas une approximation acceptable : c’est un dispositif non conforme.

Cet article détaille ce que chaque niveau recouvre, comment dimensionner une équipe, et quels contrôles effectuer avant qu’un agent ne prenne son poste.

Ce que recouvre chaque niveau

SSIAP 1 — l’agent de service

L’agent SSIAP 1 constitue la base du dispositif. Ses missions sont opérationnelles et permanentes.

Il assure la prévention — vérification des installations, contrôle des dégagements, repérage des situations à risque. Il effectue les rondes selon la fréquence définie. Il intervient en premier niveau sur un début d’incendie. Il assiste les personnes en cas d’évacuation. Et il accueille les secours publics, en leur transmettant les informations utiles.

C’est le niveau le plus recherché, et celui dont la disponibilité conditionne l’ouverture d’un établissement.

SSIAP 2 — le chef d’équipe

Le SSIAP 2 encadre. Il ne se contente pas d’être un SSIAP 1 expérimenté : sa fonction est distincte.

Il organise les missions de l’équipe, répartit les rondes, tient le registre. Il veille à l’application des procédures et forme les nouveaux arrivants. Il assure la liaison avec la direction de l’établissement et, en cas d’incident, avec les secours.

Sa présence devient nécessaire dès que l’équipe atteint une taille où la coordination ne peut plus être improvisée. Sur un dispositif événementiel, l’ordre de grandeur retenu est un SSIAP 2 dès que l’effectif dépasse cinq agents, ou si le site dispose d’un poste de sécurité dédié.

SSIAP 3 — le chef de service

Le SSIAP 3 exerce une fonction de direction et de conseil. Il gère le service de sécurité incendie dans sa globalité, assure le suivi réglementaire — notice de sécurité, registre, commissions —, et conseille l’exploitant sur ses obligations.

Sur un grand événement, il dirige le poste de sécurité et assure la liaison avec les autorités. Sa présence est requise pour les établissements les plus importants, selon des critères qui dépendent de la catégorie et de l’activité.

Dimensionner l’équipe

Le nombre d’agents requis dépend de la catégorie de l’établissement, de son activité, de son effectif et de son niveau de risque. Ces règles relèvent du règlement de sécurité contre l’incendie et de l’avis de la commission compétente — elles ne s’improvisent pas.

Comment se classe un établissement

Deux critères se croisent : la catégorie, qui dépend de l’effectif, et le type, qui dépend de l’activité.

Les cinq catégories, définies par l’article R. 123-2 du code de la construction et de l’habitation, reposent sur l’effectif cumulé du public et du personnel :

GroupeCatégorieEffectif cumuléRégime
1er groupe1replus de 1 500 personnesRèglement complet, commission de sécurité, contrôle périodique
2ede 701 à 1 500Règlement complet, commission, contrôle périodique
3ede 301 à 700Règlement complet, commission, contrôle périodique
4emoins de 300, hors 5eRèglement complet, commission
2e groupe5esous le seuil propre au typeRèglement simplifié, déclaration administrative

L’effectif se détermine selon l’exploitation : nombre de places assises, ou surface accessible au public — une personne par mètre carré en commerce, deux en restauration ou en salle de bal.

Le type se désigne par une ou deux lettres. Les plus courants en événementiel : L pour les salles de spectacle et à usages multiples, T pour les salles d’exposition, N pour la restauration, P pour les salles de danse, X pour les établissements sportifs couverts.

S’y ajoutent les établissements spéciaux, particulièrement présents en événementiel : CTS pour les chapiteaux, tentes et structures, SG pour les structures gonflables, PA pour le plein air — stades, hippodromes, parcs d’attractions.

Où l’encadrement SSIAP devient obligatoire

Quatre configurations ne laissent aucune marge d’appréciation.

StructureSeuilÉquipe minimale
ERP de 1re catégorieplus de 1 500 personnesAu moins un SSIAP 2, plus des SSIAP 1 en nombre fixé par la commission
ERP doté d’un poste de sécuritéquel que soit l’effectifPermanence continue d’un SSIAP 2 au poste
Immeuble de grande hauteurplancher bas à plus de 28 m, ou 50 m en habitationÉquipe permanente 24 h/24 dirigée par un SSIAP 2 ou 3
Immeuble de très grande hauteurplancher bas à plus de 200 mChef de service SSIAP 3 en titre permanent, effectif renforcé

En dehors de ces cas, l’obligation se détermine au croisement de la catégorie, du type et de l’effectif — et la commission de sécurité tranche.

Le cas particulier des immeubles de grande hauteur

Un immeuble est classé de grande hauteur lorsque le plancher bas de son dernier niveau accessible dépasse 50 mètres en habitation, ou 28 mètres pour tout autre usage — bureaux, hôtels, établissements de santé.

La logique y est différente de celle d’un ERP classique : elle repose sur l’auto-suffisance de l’immeuble avant l’arrivée des secours. Compartiments étanches au feu, escaliers encloisonnés et mis en surpression, et un poste de sécurité tenu vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

C’est ce dernier point qui intéresse l’exploitant : le poste doit être dirigé par un SSIAP 2 ou un SSIAP 3, sans interruption. Cela représente une couverture permanente, congés et arrêts compris — soit un effectif nettement supérieur à ce qu’une lecture rapide laisse supposer.

Pour un établissement recevant du public temporaire — type CTS pour un chapiteau, SG pour une structure gonflable, ou une salle de type L aménagée pour l’occasion — l’ordre de grandeur retenu par SenaLink est le suivant :

  • au minimum deux SSIAP 1, et un agent supplémentaire par tranche de mille personnes attendues au pic ;
  • un SSIAP 2 dès que l’effectif d’exploitation dépasse cinq agents ;
  • un SSIAP 3 pour les grands événements nécessitant un poste de sécurité dirigé et une liaison directe avec les autorités.

Ces ratios sont des points de départ, non des règles opposables : la commission de sécurité peut exiger davantage.

Une erreur fréquente : compter les têtes, pas les niveaux

Un dispositif de six agents dont aucun n’est SSIAP 2 n’est pas un dispositif de six agents : c’est un dispositif non conforme, quel que soit le sérieux des personnes présentes.

Cette erreur se produit typiquement lors des remplacements de dernière minute : le chef d’équipe est absent, on le remplace par un agent disponible, et le niveau requis disparaît sans que personne ne le remarque.

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La question de la présence continue

Un point est souvent sous-estimé au moment du chiffrage : le service de sécurité incendie doit être assuré pendant toute la durée de présence du public, sans interruption.

Cela paraît évident jusqu’à ce qu’on décompte les heures réelles.

Les relais

Un agent ne tient pas douze heures d’affilée sur un poste de surveillance. Les pauses réglementaires, les relèves et les temps de transmission doivent être prévus en plus de l’effectif théorique, non prélevés dessus.

Un établissement ouvert de 10 h à 2 h du matin, soit seize heures, ne se couvre pas avec une équipe : il en faut deux, avec un temps de recouvrement pour la passation des consignes.

Les phases oubliées

Sur un événement, trois phases se succèdent — montage, exploitation, démontage — et chacune appelle un dispositif différent.

Le montage exige surtout de la surveillance de matériel et du contrôle d’accès des prestataires : les agents de prévention et de sécurité y dominent, parfois renforcés d’un cynophile pour la garde de nuit.

L’exploitation bascule sur la gestion des flux, le filtrage et la sécurité incendie : c’est là que les SSIAP deviennent indispensables.

Le démontage revient à de la surveillance et à la sécurisation des accès, avec une vigilance accrue sur le risque de vol.

Chiffrer uniquement l’exploitation, comme cela se fait souvent, revient à laisser le matériel sans surveillance la nuit précédant l’événement — et c’est précisément le moment où il disparaît.

Vérifier la validité, non seulement le diplôme

Un diplôme SSIAP ne suffit pas. Trois éléments doivent être contrôlés ensemble.

Le diplôme initial

Il atteste de la formation suivie et du niveau obtenu. C’est le document que l’on demande spontanément, et souvent le seul.

Le maintien des compétences

Les qualifications SSIAP, quel que soit le niveau, exigent un recyclage tous les trois ans. Passé ce délai, le recyclage ne suffit plus : une remise à niveau devient obligatoire.

Elle l’est également dans un second cas, moins connu : lorsque l’agent n’a pas exercé au moins 1 607 heures au cours des trente-six derniers mois. Un agent parfaitement à jour de son recyclage mais qui n’a travaillé qu’occasionnellement peut donc se retrouver hors des clous.

C’est le point le plus souvent négligé, parce qu’il exige de vérifier une seconde pièce, dont la date d’échéance est distincte de celle du diplôme — et de connaître le volume d’heures réellement effectué.

L’aptitude médicale et le secourisme

Selon les postes, une aptitude médicale et un certificat de sauveteur secouriste du travail à jour peuvent être exigés. Ce dernier impose un maintien et actualisation des compétences tous les deux ans — une périodicité plus courte que celle du SSIAP, ce qui multiplie les échéances à suivre.

Trois documents, trois périodicités différentes : trois ans pour le SSIAP, deux ans pour le secourisme, et une aptitude médicale dont la durée dépend du poste. C’est précisément ce qui rend le suivi manuel peu fiable — non par négligence, mais parce qu’aucun calendrier mental ne tient sur vingt agents.

Trouver et sécuriser des profils SSIAP

La tension sur les profils SSIAP est réelle, particulièrement sur les niveaux 2 et 3. Deux réflexes limitent la difficulté.

Anticiper les échéances plutôt que les subir. Un agent dont le recyclage arrive à terme dans deux mois est un agent qu’il faut inscrire en formation maintenant, pas un problème pour plus tard.

Élargir le sourcing au-delà du carnet d’adresses. Un établissement qui s’appuie sur trois contacts habituels se retrouve démuni quand les trois sont pris.

SenaLink répond à ce second point. Les agents référencés déposent leurs qualifications, qui sont vérifiées une par une avant toute apparition dans le vivier — diplôme, recyclage, échéances. Un agent dont une pièce indispensable expire quitte automatiquement le vivier.

Un exploitant qui cherche un SSIAP 2 dans son département voit donc des profils dont le niveau a été contrôlé, non déclaré.

Pour les agents SSIAP, l’inscription permet à l’inverse de rendre visible une qualification que le marché recherche, et d’accéder à des missions correspondant au niveau réellement détenu.

Conclusion

Trois niveaux, trois fonctions distinctes, et trois documents à contrôler par agent. La sécurité incendie d’un établissement ne tolère pas l’à-peu-près sur ces points, parce que c’est précisément le jour de l’incident que l’écart se révèle.

Un exploitant rigoureux vérifie le niveau avant l’affectation, suit les échéances avant qu’elles ne tombent, et élargit son sourcing avant d’en avoir besoin. Ces trois anticipations coûtent peu ; leur absence coûte cher.

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